Quand je découvre une bastide, je ne pense pas d’abord à la décoration
Quand j’arrive dans une bastide du Luberon, je ne commence jamais par imaginer un canapé, une couleur ou un luminaire. Je regarde d’abord ce que la maison dégage. Certaines ont une présence immédiate. D’autres se livrent plus lentement. Il faut alors prendre le temps. Observer la lumière du matin dans la cuisine, le silence d’une grande pièce encore vide, la fraîcheur d’un mur épais, la manière dont une terrasse prolonge naturellement le salon.
C’est souvent là que se décide l’essentiel.
Une bastide provençale a déjà son langage. Elle n’a pas besoin qu’on lui impose un décor. Elle a besoin qu’on l’écoute. Je crois beaucoup à cette idée, parce que ce sont toujours les lieux les plus justes qui restent en mémoire. Ceux où rien n’est forcé. Ceux où l’on sent que la maison continue d’exister pleinement, mais d’une façon plus douce, plus fluide, plus évidente.
Dans ce type de projet, je ne cherche jamais l’effet. Je cherche une forme d’équilibre. Une respiration. Une cohérence qui ne se voit pas forcément tout de suite, mais qui se ressent.
Quand on me confie une décoration intérieure haut de gamme pour une bastide dans le Luberon, je ne pense pas luxe démonstratif. Je pense plutôt à une élégance qui s’installe sans bruit. Une très belle matière. Une pièce bien proportionnée. Une lumière qui tombe juste. Une circulation naturelle entre les espaces. Une maison que l’on trouve belle sans avoir besoin de l’expliquer.
J’aime les matières nobles, mais je les aime quand elles vivent bien dans le temps : la pierre, le bois, le lin, le métal patiné, le verre soufflé, certains textiles épais mais souples, des tons naturels qui ne fatiguent pas l’œil. Dans une bastide, tout cela prend un sens particulier, parce que la maison elle-même a déjà une texture, une densité, une histoire.
Je préfère un grand canapé accueillant à un mobilier trop figé. Je préfère une table ancienne pleine de caractère à une pièce spectaculaire mais sans âme. Le vrai haut de gamme, à mes yeux, n’est jamais froid. Il doit rester habitable. Il doit donner envie de vivre la maison, pas seulement de la regarder.
Une maison ancienne ne doit pas devenir un décor de musée. En revanche, elle ne doit pas non plus perdre ce qui la rend unique. C’est là que se joue tout le travail.
Dans une bastide, il peut s’agir d’un dallage, d’une cheminée, d’un escalier un peu irrégulier, d’une façade très simple, d’une suite de pièces qui se répondent bien, ou même d’une vue qui impose sa présence. Parfois, ce sont des détails discrets qui donnent la direction du projet. Une proportion. Une ombre. Un seuil. Une matière qui a vieilli avec grâce.
Mon travail consiste à sentir ce qu’il faut garder, ce qu’il faut révéler, ce qu’il faut apaiser. Il y a des maisons qu’il faut alléger. D’autres qu’il faut réchauffer. D’autres encore auxquelles il faut simplement redonner de la lisibilité. Je ne crois pas aux recettes. Chaque lieu demande une réponse différente.
C’est pour cela que j’aime travailler dans cette région. Entre Ménerbes, Bonnieux, Lacoste, Gordes ou les environs, les maisons appartiennent au même territoire, mais elles n’ont jamais exactement la même manière d’être.
Je ne travaille pas pièce par pièce comme si chaque espace devait raconter une histoire séparée. Dans une bastide, tout est lié. La cuisine, le salon, une entrée, les chambres, la terrasse, la cour, parfois une salle à manger d’été : l’ensemble doit former une maison cohérente, pas une succession d’ambiances.
C’est pour cela que j’aime accompagner mes clients de manière globale. J’interviens sur l’agencement des espaces, le choix des matériaux, les tons, le mobilier, les luminaires, les rideaux, les pièces sur mesure, avec toujours cette idée de continuité. J’accorde aussi une grande importance au travail avec les artisans, parce qu’une belle maison ne repose pas seulement sur une idée juste, mais aussi sur une exécution soignée.
Quand un projet est abouti, on le sent immédiatement. Rien n’est démonstratif, et pourtant tout tient ensemble. C’est souvent ce que je recherche le plus : une forme d’évidence.
Ici, on ne peut pas penser l’intérieur sans penser le dehors. Une bastide vit avec sa terrasse, son jardin, sa cour en pierre, parfois sa tonnelle, sa piscine, ses oliviers ou la vue sur les vignes. Cette relation entre l’intérieur et l’extérieur est essentielle.
Je veille toujours à ce que cette continuité existe. Les matières doivent dialoguer. Les couleurs aussi. On doit pouvoir passer du salon à la terrasse sans ressentir de rupture. C’est souvent cela qui donne à une maison cette impression de calme et de simplicité, alors même que tout a été pensé avec précision.
Si vous souhaitez découvrir cet univers, vous pouvez voir cette décoration d’une bastide provençale dans le Luberon, cette maison de village restaurée à Ménerbes, ou encore ce mas réveillé au milieu des vignes.
Au fond, je cherche surtout à créer des maisons dans lesquelles on se sent bien dès les premiers instants. Des maisons qui ont de l’allure, mais pas de raideur. Des maisons élégantes, mais jamais figées. Des maisons qui restent profondément vivantes.
C’est cela, pour moi, le sens d’un projet de décoratrice d’intérieur haut de gamme pour bastide dans le Luberon : respecter la vérité d’un lieu, lui redonner du confort, de la douceur et de la cohérence, sans jamais lui enlever son âme.